SECTION 01
Identité & classification

ARC-P00001 — Pyromorphite botryoïdal
La pyromorphite est un chlorophosphate de plomb, minéral secondaire des gisements plombeux oxydés, membre du supergroupe de l'apatite au même titre que la mimétite et la vanadinite. Elle séduit par la palette de couleurs qu'elle peut prendre — vert vif, jaune, orangé, brun — et par son habitus si particulier en petits prismes hexagonaux renflés, souvent comparés à des tonnelets. Cette diversité en fait une espèce appréciée aussi bien du curieux sensible à l'éclat de ses teintes que du collectionneur attentif aux nuances propres à chaque gisement.
Connue dès 1748 sous le nom suédois de « Grön Blyspat » (spath de plomb vert), puis analysée chimiquement pour la première fois par Martin Heinrich Klaproth en 1784, qui y identifia du phosphate, l'espèce ne reçut son nom actuel qu'en 1813, sous la plume du minéralogiste allemand Johann Friedrich Ludwig Hausmann.
SECTION 02
Cristallographie & propriétés physiques
Cristallographie & propriétés physiques
| FORMULE CHIMIQUE | Pb₅(PO₄)₃Cl — chlorophosphate de plomb |
| GROUPE MINÉRAL | Phosphates (supergroupe de l'apatite, série avec la mimétite et la vanadinite) |
| SYSTÈME CRISTALLIN | Hexagonal |
| CLASSE CRISTALLINE | Dipyramidale hexagonale (6/m) |
| DURETÉ (MOHS) | 3,5 – 4 |
| DENSITÉ | 6,5 – 7,1 g/cm³ |
Propriétés physiques
| CLIVAGE | Indistinct selon {10-10} |
| CASSURE | Inégale à subconchoïdale |
| ÉCLAT | Résineux à adamantin |
| COULEUR | Vert, jaune, orangé, brun ou incolore selon les substitutions et inclusions |
| TRAIT (POUDRE) | Blanc à jaune très pâle |
| TRANSPARENCE | Translucide à subtranslucide, rarement transparente |
Fig. 1 — Structure hexagonale du groupe de l'apatite : un canal central de chlorure (en accent) entouré de tétraèdres PO₄ et de cations Pb²⁺.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Le nom de la pyromorphite, donné en 1813 par Johann Friedrich Ludwig Hausmann, vient du grec pyros (feu) et morphè (forme) : chauffé au chalumeau jusqu'à former une petite bille fondue, l'échantillon se recouvre spontanément de minuscules faces cristallines en refroidissant — comme si le feu lui redonnait une forme géométrique.
SECTION 03
Géologie & genèse
La pyromorphite n'est presque jamais un minéral primaire : elle se forme dans la zone d'oxydation d'un gisement de plomb, lorsque des solutions phosphatées rencontrent le plomb libéré par l'altération de la galène. À Les Farges, ce mécanisme général s'applique à un filon de barytine et de galène argentifère encaissé dans le granite du Massif central.
À la fin de l'orogenèse hercynienne, des fluides hydrothermaux circulent le long de failles subverticales associées au Sillon Houiller, une structure majeure du Massif central qui borde le granite d'Ussel. Ils y déposent un filon de barytine et de galène argentifère, encaissé dans ce granite et dans les gneiss et micaschistes voisins.
Bien plus tard, le soulèvement et l'érosion du Massif central ramènent la partie supérieure de ce filon à proximité de la surface, où il entre en contact avec des eaux souterraines oxygénées.
Près de la surface, la galène primaire du filon s'oxyde progressivement en cérussite et en d'autres minéraux secondaires du plomb, libérant des ions Pb²⁺ dans les eaux qui percolent à travers la roche altérée.
Ces solutions chargées en plomb rencontrent des ions phosphate, vraisemblablement libérés par l'altération de l'apatite accessoire disséminée dans le granite encaissant. Là où plomb, phosphate et chlore se combinent en proportions favorables, la pyromorphite précipite dans les cavités ouvertes du filon oxydé, son habitus et sa couleur variant selon les conditions locales de croissance.
Le filon, connu dès l'époque gallo-romaine, fait l'objet de tentatives d'exploitation infructueuses au début du XXᵉ siècle, avant que le BRGM n'entame une prospection systématique en 1963. La Société Minière de Corrèze exploite le gisement de 1974-1975 à 1981, mettant au jour les cavités oxydées d'où proviennent les cristaux de pyromorphite aujourd'hui considérés parmi les plus beaux au monde.
Coupe interprétative du filon de Les Farges : un filon subvertical de barytine et de galène, encaissé dans le granite d'Ussel, s'oxyde en surface et précipite la pyromorphite dans ses cavités altérées.
PARAGÉNÈSE COURANTE
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Principaux gisements
La mine des Farges se situe à Saint-Fréjoux, à environ 3 km à l'est d'Ussel, en Corrèze. Le filon plombeux, connu dès l'époque gallo-romaine, fait l'objet de tentatives d'exploitation infructueuses au début du XXᵉ siècle, avant que le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) n'entame une prospection systématique en 1963. La Société Minière de Corrèze exploite ensuite le gisement de 1974-1975 au 9 mai 1981, jusqu'à 250 mètres de profondeur, pour un potentiel estimé à 130 000 tonnes de plomb à 7 %, 300 tonnes d'argent et environ 400 000 tonnes de barytine à 30 % — mais c'est bien pour sa pyromorphite, sans intérêt industriel, que la mine est aujourd'hui célèbre dans le monde entier. En 1998, la construction de l'autoroute A89 a entamé un filon annexe, livrant un nouveau lot d'échantillons aux collectionneurs.
Le filon, subvertical, est encaissé dans le granite d'Ussel, qui borde le Sillon Houiller, une structure majeure de faille du Massif central orientée N20°E. Sa mise en place tardi-hercynienne a canalisé les fluides à l'origine du dépôt de barytine et de galène argentifère ; c'est l'oxydation de surface de cette galène, au contact du phosphate libéré par l'altération du granite encaissant, qui a donné naissance aux cristaux de pyromorphite vert vif à brun, en tonnelets hexagonaux, associés à la cérussite, à la wulfénite et à la fluorine, qui ont fait la réputation mondiale du site.
ARCA MINERAL
Chez Arca Mineral, les pyromorphites de Les Farges que nous proposons sont sélectionnées pour la netteté de leurs tonnelets et l'intensité de leur couleur naturelle, sans aucun traitement.
Localisation schématique de la mine des Farges, à Saint-Fréjoux près d'Ussel, en Corrèze, dans le Massif central français.
| Région / mine | Pays |
|---|---|
| Asprière, AveyronRéférence | France |
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Conservation & entretien
Manipulation
Avec une dureté de seulement 3,5 à 4, la pyromorphite est un minéral tendre dont les fines terminaisons de tonnelets sont particulièrement fragiles. Manipulez toujours la pièce par sa matrice et évitez tout contact direct avec les pointes des cristaux.
Lumière & chaleur
La pyromorphite est stable à la lumière ordinaire et à une hygrométrie normale. Évitez cependant les chocs thermiques brusques et toute source de chaleur intense et prolongée, qui pourraient fragiliser la pièce ou son support.
Nettoyage
Un dépoussiérage à sec, au pinceau doux, est la méthode la plus sûre. Évitez tout produit acide, qui attaque les phosphates, ainsi que le nettoyeur à ultrasons, dont les vibrations menacent les fines terminaisons cristallines.
Sécurité
La pyromorphite contient du plomb en proportion importante. Lavez-vous systématiquement les mains après l'avoir manipulée, évitez tout contact avec la bouche, et ne sciez ni ne poncez jamais un échantillon sans protection respiratoire adaptée face à la poussière plombifère.
Présentation
Un éclairage directionnel, orienté pour accrocher les faces des tonnelets, révèle pleinement l'éclat résineux à adamantin de la pyromorphite et le relief de ses druses. Présentez les pièces à l'abri des vibrations et des manipulations fréquentes.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Une mine exploitée pour elle-même
Selon certaines sources spécialisées, la mine Heilige Dreifaltigkeit de Zschopau, en Saxe, localité-type de l'espèce, serait la seule au monde à avoir été exploitée spécifiquement pour la pyromorphite à des fins de collection, et non pour son minerai de plomb.
Six années qui ont suffi à une réputation mondiale
La mine des Farges n'aura été en activité industrielle que six ans, de 1974-1975 à 1981 — l'un des plus petits gisements de plomb de France — et pourtant elle est aujourd'hui connue dans le monde entier des collectionneurs pour la qualité exceptionnelle de sa pyromorphite.
Une seconde vie sous l'autoroute
En 1998, les travaux de construction de l'autoroute A89 entre Bordeaux et Clermont-Ferrand ont recoupé un filon annexe du gisement des Farges, permettant à des passionnés de géologie de récolter de nouveaux échantillons de pyromorphite près de vingt ans après la fermeture de la mine.
Mindat.org (fiches Pyromorphite et Les Farges Mine) · France 3 Nouvelle-Aquitaine / Patrimoine en Dauphiné, reportage sur la mine des Farges · Geowiki.fr, fiche « Farges » · Le Règne Minéral, Hors-série 2009, « Les Minéraux de la Mine des Farges, Ussel (Corrèze) » · Notice explicative de la carte géologique d'Ussel, BRGM · Hausmann J.F.L., Handbuch der Mineralogie, 1813
© 2026 Arca Mineral — Fiche minéralogique originale (Référence ARC·PYR·01), mise à jour le 6 août 2026. Reproduction ou réutilisation interdite sans autorisation écrite. arcamineral.com
